Protéger les pollinisateurs

De plus en plus d’entreprises contribuent au développement de l’apiculture urbaine. Bigre, ça butine pas mal à Bruxelles !

 

Qui l’ignore encore ? Les dérèglements climatiques et les pratiques de l’agriculture intensive causent beaucoup de tort aux colonies d’abeilles. La moitié des 360 espèces d’abeilles sauvages présentes en Belgique sont cataloguées comme étant « en voie de disparition », lit-on sur le site de Bruxelles Environnement. Or, les abeilles font partie des principaux pollinisateurs – ces insectes qui permettent aux plantes à fleurs de se reproduire. Ce qui est en jeu, c’est la résilience de nos systèmes alimentaires car une grande majorité des espèces cultivées dépend des pollinisateurs ! Selon certaines études, le taux d’importation de produits alimentaires en Belgique augmenterait de 20 à 40% en cas de disparition de l’abeille, ce qui aurait un impact à la fois économique et écologique.

 

À Bruxelles, l’apiculture urbaine a le vent en poupe. Près de 500 ruches y ont été répertoriées en 2018 par Bruxelles Environnement. Un certain nombre d’entreprises contribuent à ce mouvement de protection des pollinisateurs. CIT Blaton, par exemple, a installé deux ruches sur les toits de ses dépôts à Leeuw-Saint-Pierre, avec l’idée de faire de ses employés des acteurs engagés de l’environnement. Ce nombre peut sembler limité mais, comme le souligne Boris Moureau de BeeOdiversity, partenaire de CIT Blaton dans ce projet, « il faut limiter le nombre de création de ruches pour éviter un impact négatif sur les insectes sauvages ». Il faut savoir que deux colonies représentent quand même quelque 100 000 abeilles en été, et entre 50 000 et 60 000 en hiver. Cette gigantesque armée de travailleuses pollinise environ 8 milliards de fleurs par an et assure une production moyenne de 25 kg de miel sur une année (CIT Blaton ayant fait le choix de laisser un maximum de miel aux abeilles pour leur permettre de survivre à la période hivernale).

 

Les projets menés par BeeOdiversity en partenariat avec les entreprises ou les pouvoirs publics ont avant tout un but pédagogique, mais dans certains cas ils visent également à monitorer l’environnement (quantité de polluants et autres pesticides, évolution de la biodiversité, etc.) : c’est notamment le cas des ruches installées au-dessus du complexe commercial Dockx dans le nord de Bruxelles.